"On considère le chef d'entreprise comme un homme à abattre ou une vache à traire. Peu voient en lui le cheval qui tire le char" disait déjà Sir Winston Churchill.  Cela prouve bien que la difficulté d'entreprendre n'est pas un fait nouveau. Et pourtant, qu'il soit artisan, commerçant, profession libérale ou patron, quel que soit le nom qu'on lui donne selon la nature de la société qu'il dirige, c'est bien le chef d'entreprise qui est le moteur de l'économie, c'est bien lui qui cherche, devine, choisit le produit ou le service qui manque et c'est bien lui qui prend l'initiative de réunir argent, matériel et forces vives pour produire et vendre ce qui manque.

Plus de 90% des entreprises françaises comptent moins de 10 salariés et ce sont néanmoins elles qui assurent près de 70% du travail salarié en France. C'est dire à quel point faciliter la création de ces entreprises là peut être effectivement un moteur efficace de la reprise économique.

Nous avons déjà vu ici que la LME avait pris les mesures autorisant les chefs d'entreprise qui n'exercent pas leur activité en forme de société à exclure tout leur patrimoine immobilier du gage général de leurs créanciers.  Mieux encore, pour ceux qui seraient prêts à se lancer dans une création, la LME a également instauré le statut d’auto entrepreneur aussi appelé micro entrepreneur. Dès le 1er janvier 2009, il permettra de démarrer une activité entrepreneuriale en commençant par une toute petite structure via une procédure simplifiée. Il suffira au nouvel entrepreneur de se déclarer, y compris seulement par internet, auprès du Centre de formalités des entreprises sans plus se préoccuper de Registre du Commerce et des Sociétés ou de Répertoire des Métiers.

Ce statut est assorti de conditions fiscales et sociales très avantageuses : la LME prévoit, pour les entreprises se créant et tant que leur chiffre d’affaires annuel est inférieur à 80.000 €uros pour le commerce et 32.000 €uros pour les services :

Un paiement forfaitaire (13 % des rentrées pour une activité commerciale et 23 % pour une activité de services)au titre de toutes les charges sociales et de l’impôt (pas de TVA ni, pendant les trois premières années, de taxes sur le chiffre d'affaires). Il n'y a alors pour ces entreprises plus de charges systématiques à payer et elles ne paieront de charges et d'impôt que sur ce qui sera effectivement gagné avec donc une comptabilité simpliste, sans calculs ni régularisation en années N et N-1 qui rendent parfois l'exercice périlleux, ni même paiement à N+1 en cas de cessation d'activité,

tout en bénéficiant pour ces nouveaux entrepreneurs de la Sécurité Sociale et en se validant des trimestres de retraite, même si il n'y a pas de chiffre d'affaires,

l'impôt forfaitaire payé est libératoire au titre des impôts sur le revenu du foyer si le revenu global de référence pour 2007 ne dépasse pas 25.195 €uros par part de quotient familial.

Cerise sur le gâteau, ce régime sera cumulable avec un salaire, une retraite ou une allocation chômage. Il est aussi accessible aux entreprises qui existent déjà, qui ne dépassent pas les seuils si elles en font la demande avant le 31 mars 2009.

Les plafonds de rentrées maximales seront revalorisés tous les ans.

Le dépassement des seuils qui entraîne la sortie de ce régime spécial est aménagé de sorte qu'elle ne devienne obligatoire qu'en cas de croissance réelle : il faut dépasser deux ans de suite les seuils mais sans atteindre 88.000 €uros pour les commerces et 34.000 €uros pour les services avant de devoir intégrer le système classique, fiscal et de charges sociales.

Ces années permettront en tous cas de déterminer si le projet entrepreneurial vaut ou non d'être poursuivi.Démarrer ainsi en ne se donnant que les charges nécessaires, en limitant au maximum les formalités, en se gardant éventuellement d'autres ressources, constituera un véritable test grandeur nature de la viabilité d'un projet, mieux que le meilleur business plan.

Et même si le projet devait se révéler un échec, pendant la tentative il n'aura coûté qu'en fonction de ce qu'il aura rapporté, sans empêcher celui qui essaiera de conserver ses autres ressources, chômage, retraite ou salaire.

Probablement la meilleure solution aussi pour les retraités qui souhaitent garder une activité et augmenter leurs revenus.

Somme toute, un pari gagnant gagnant.